Délégationdu Morbihan

Secours Catholique Morbihan

Allaire, une équipe locale en Pays de Vilaine

En sommeil pendant quelques années, l’équipe d’Allaire du Secours Catholique se reconstruit et repense son action en fonction d’une situation locale qui évolue.

Une partie de l'équipe d'Allaire avec Johanna, l'animatrice.

publié en décembre 2018

Françoise, Jean-Marie, Marie-Thérèse, Monique et Thérèse nous accueillent à la maison paroissiale dans laquelle se trouve le local de l’équipe du Secours Catholique de ce qui était il y a peu le canton d’Allaire. Le territoire sur lequel interviennent les quinze bénévoles actifs aujourd’hui compte à peu près 18 000 habitants. La population a tendance à augmenter régulièrement excepté dans deux des neuf communes. L’emploi est fourni par le tertiaire (services à la personne), quelques usines situées à Redon et surtout par l’entreprise Yves Rocher de La Gacilly.

L’action du Secours Catholique commence sur le secteur dans les années 1970 par l’accueil familial de vacances. Marie-Thérèse se rappelle qu’en 1976, à la demande de Marcel Coulais, délégué départemental, elle est chargée du suivi d’une vingtaine de familles d’accueil. Progressivement, des bénévoles commencent des aides financières d’urgence et tiennent un vestiaire. L’opération de Noël est également organisée chaque année. Ramassage de cartons et jardin partagé sont d’autres actions mises en place à l’initiative de l’équipe, tout comme la « Halte du passant » en 1986.

Thérèse était membre du conseil municipal à cette époque et se souvient de la création de ce lieu d’accueil pour les routards qui faisaient étape à Allaire et sans doute cherchaient asile soit au presbytère soit chez les religieuses. Les bénévoles demandent alors à la mairie l’octroi d’un lieu d’accueil, qui leur est accordé avec en contrepartie l’engagement de prendre en charge l’accueil et l’entretien du local. Les deux parties signent une convention. Trente ans plus tard, plusieurs binômes perpétuent cet accueil et reçoivent surtout des hommes de plus en plus jeunes, souffrant moins d’alcoolisme qu’autrefois, orientés vers eux par les services de la mairie. La responsabilité de l’accueil est assurée par un couple qui est toujours en lien avec le Secours Catholique. Les bénévoles, dont plusieurs membres de l’équipe locale, préparent le repas du soir, achètent la baguette, font le ménage et lavent les draps. L’activité est financée par le CACHAR, l’association qui aujourd’hui assure la collecte des cartons et papiers. L’an passé vingt-cinq nuitées ont été assurées par la « Halte du passant ».

Quarante ans après sa création, l’équipe est en pleine réflexion sur son projet. Après une mise en sommeil de deux années, elle renaît à la demande du père Olivier, alors curé d’Allaire, qui fait un appel à l’église et par le bulletin paroissial. Une réunion publique, organisée par la délégation du Secours Catholique du Morbihan, rassemble plusieurs personnes intéressées. Françoise en fait partie. Le père Olivier l’interpelle et l’encourage à prendre la responsabilité de ce début d’équipe qui se structure autour de la mise en place de permanences le samedi matin. Le peu d’affluence engage alors les bénévoles vers un autre type d’accueil. Il vient d’être décidé de faire, chaque deuxième mercredi du mois, une rencontre intergénérationnelle autour d’activités mettant en valeur les dons et compétences des participants. Tous les moyens de communication, journaux, bulletins, affichage, enveloppes de la collecte, sont utilisés pour en faire l’annonce et les bénévoles y croient.

Ils comptent en particulier sur les contacts qu’ils ont à l’épicerie sociale qui s’est ouverte, il y a peu, et dont la gestion est assurée par le centre intercommunal d’action sociale (CIAS) et quatre centres communaux d’action sociale (CCAS), toutes les communes n’ayant pas adhéré au projet. Une salariée a été recrutée comme responsable et coordonne l’action d’une quarantaine de bénévoles, au nombre desquels se trouvent sept membres de l’équipe du Secours Catholique. Françoise elle-même a participé à l’équipe technique qui a mis en place l’épicerie sociale et aujourd’hui travaille à la saisie informatique des stocks. L’ouverture de l’épicerie a eu une incidence sur l’action de l’équipe locale qui n’a plus à répondre à la demande d’aide alimentaire, mais en engageant des bénévoles dans le magasin, elle reste en contact avec les personnes (160 personnes de 45 ménages) qui en bénéficient et qui pour beaucoup apportent leur aide à son fonctionnement. Tout le monde s’accorde à dire que « c’est une belle action » qui respecte les personnes et favorise les liens. Un lieu tout désigné pour percevoir les besoins des personnes et y répondre.

Les cinq bénévoles qui nous reçoivent affichent un réel enthousiasme et tout en cherchant à étoffer l’équipe, savent qu’ils peuvent aussi compter sur les paroisses, les collectivités locales, les autres associations.

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