Délégationdu Morbihan

Action internationale du Cap Charité

Haïti, cinq ans d’engagement

Quarante personnes se sont retrouvées à la salle Saint-Alban d’Elven, le 25 février 2015, pour écouter l’intervention de Frédéric Pinto sur l’action du Secours Catholique en Haïti, après le séisme du 12 janvier 2010.

Rencontre « Haïti, cinq ans d'engagement », le 25 février 2015 à Elven, salle Saint-Alban.

publié en mars 2015

Quarante personnes ont répondu à l’invitation du service d’action internationale de la délégation Secours Catholique du Morbihan et sont venues rencontrer Frédéric Pinto, chargé de mission qui revient d’Haïti après y avoir assuré la clôture de l’intervention d’urgence du Secours Catholique. Ce fut l’occasion pour les participants de prendre connaissance de l’importance de l’aide apportée, des moyens mis en œuvre et des partenariats contractés dans cette action.

Frédéric Pinto a d’abord rappelé l’étendue du désastre provoqué par le séisme. On reste impressionné devant le rappel des chiffres : 300 000 morts, 350 000 blessés, 1 500 000 déplacés, des traumatismes physiques et psychologiques dont on ne mesure pas encore l’ampleur, la région de Port-au-Prince à reconstruire et des zones non atteintes par le séisme à réorganiser après l’afflux de réfugiés. Une tâche immense à réaliser dans un pays déjà pauvre et en manque d’infrastructures.

C’est ensuite l’aide internationale et son organisation qu’évoque F. Pinto. Les associations, au nombre desquelles le Secours Catholique, se sont mobilisées en force mais avec une pertinence qui reste à améliorer. Pendant les six premiers mois, précise le chargé de mission, il a fallu répondre à l’urgence, d’où la priorité donnée aux secours en direction des blessés, aux malades et à la mise à l’abri des populations. Un montant de 900 000 euros a été engagé dans cette phase. La Caritas Haïti, atteinte humainement et matériellement par la catastrophe, a vite été dépassée par l’ampleur de la tâche. Cette situation a nécessité l’ouverture d’un bureau à Port-au-Prince, qui allait coordonner jusqu’en janvier 2015 l’action du Secours Catholique et des partenaires, locaux ou internationaux, et rendre compte de l’emploi des fonds, aux donateurs d’abord et aux administrations chargées d’assurer les contrôles.

En ce qui concerne les partenariats internationaux, Frédéric Pinto a répondu aux questions qui pouvaient se poser et a précisé les modes d’organisation : de tels partenariats restent limités, tant dans la durée que par rapport à l’engagement financier. Le chargé de mission a également souligné la nécessité de ce type de partenariats, en raison de la situation d’urgence qu’a connue Haïti notamment sur le plan sanitaire. Ses propos ont été appuyés par le témoignage d’un bénévole, qui a lui-même participé à l’approvisionnement de Haïti en eau potable par désalinisation de l’eau de mer, au sein d’une association experte.

Après l’urgence, le Secours Catholique s’est donné comme objectif de favoriser des projets qui engagent leurs porteurs dans la durée, favorisent l’emploi des habitants et s’appuient sur des techniques locales quitte à les améliorer s’il le faut. Quarante-cinq actions ont ainsi été soutenues, actions situées à Port-au-Prince, à proximité de la capitale, mais aussi dans les diocèses les plus éloignés, pour favoriser l’accueil et le maintien des populations déplacées. 6,6 millions d’euros (43 % du budget) ont été consacrés à l’éducation, 1,9 million d’euros à l’habitat (12 % de l’engagement), 3,5 millions d’euros à la santé (23 % de l’engagement) et 0,5 million d’euros au développement rural (soit 3,77 % de l’engagement).

Frédéric Pinto et Johanna, animatrice référente au service d’action internationale, ont terminé la matinée en présentant certains projets. Les participants ont découvert notamment la renaissance du foyer Maurice Sixto à Port-au-Prince. Le foyer accueille déjà 300 jeunes « restavek » [1] et sera en capacité d’en recevoir 450. Bientôt la création d’une clinique dentaire permettra de soigner les enfants accueillis, ainsi que d’autres personnes. C’est ce projet qu’ont choisi de soutenir les équipes Secours Catholique d’Elven, Monterblanc et Saint-Avé.

[1] Les « restavek » sont des enfants placés comme domestiques dans les familles et souvent exploités. Voir, sur le site national du Secours Catholique, l’article « Haïti : le père Miguel, en lutte contre l’esclavage des enfants ».

Imprimer cette page

Portfolio