Délégationdu Morbihan

État de la pauvreté en France - Rapport 2017

Ils témoignent dans la presse

Carine et Dominique ont croisé la route du Secours Catholique et témoignent de leurs difficultés à l’occasion de la parution de notre rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France, qui se penche cette année sur les préjugés et la cohésion sociale [1].

Témoignage de Carine à France Bleu Armorique.

publié en novembre 2017

« Le pire c’est de se sentir parasite de la société. » La phrase est prononcée par Dominique en fin d’entretien, ce lundi 6 novembre, et s’adresse aux deux journalistes devant qui il témoigne avec Carine. Les deux se rejoignent sur ce sentiment d’inutilité, qu’ils ne vivent pourtant pas de la même manière.

Dominique le vit de l’intérieur, dans un isolement que les ressources limitées de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) lui imposent, et dans lequel il s’enferme peu à peu. À 59 ans, il a le sentiment de ne plus intéresser personne. Une séparation difficile et le chômage l’ont marqué moralement. « Cette situation est pesante. Je n’y vois pas d’issue. » Du côté de l’emploi, il se sent laissé pour compte. « Pourquoi former quelqu’un qui sera à la retraite dans quelques années, dans trois ans pour moi ? » Pour celui qui a eu une carrière de commercial, une vie sans lien social, où le moindre plaisir, comme la participation à un fest-noz, relève du rêve, est génératrice d’angoisse. Il lui reste les enfants, qui dit-il « le retiennent à la vie ! »

« Parasite », c’est un jugement que Carine a parfois entendu prononcer à son sujet. Pour cette maman de 46 ans le mot est dur. Peut-on imaginer qu’elle ait souhaité cette maladie orpheline déclarée à 11 ans et qui l’a rendue dépendante, l’a obligée à subir des greffes hépatiques à trois reprises et à voir sa santé minée par les traitements qui la rendent inapte à tout travail ? Et pourtant, elle a peu à peu crevé la « bulle » dans laquelle une longue période en hôpital et une vie de couple peu épanouissante l’avait confinée. « Un jour, j’ai ouvert les yeux, dit-elle, et décidé de vivre autrement ! » Aujourd’hui, après un parcours difficile où elle a connu la grande précarité, elle assume sa situation et peut envisager son avenir. Avec les ressources limitées de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), Carine réussit à venir en aide à deux de ses enfants, eux-mêmes en recherche de situation stable.

Les chemins de Carine et de Dominique ont croisé la route des équipes locales d’Elven et de Monterblanc. Pour Dominique, c’est le contact avec un bénévole qui l’a amené à rencontrer une assistante sociale et à sortir de chez lui, pour tout au moins pouvoir se nourrir et qui sait, renouer des liens en participant à certaines activités. Carine a déjà fait un bout de chemin avec l’équipe d’Elven. Elle apprécie le temps de « papotage » du samedi matin quand elle se rend à l’épicerie sociale. Elle fréquente régulièrement la boutique solidaire « La malle d’Alban » où elle trouve de quoi se faire belle et y apporte à l’occasion son concours. Un engagement plus important dans l’équipe est certainement envisageable assure Marcelle, la responsable de l’équipe qui l’a accompagnée ce matin.

[1] « État de la pauvreté en France. Préjugés et cohésion sociale », rapport statistique 2017 du Secours Catholique-Caritas France. Rapport complet et dossier web à retrouver sur notre site national.

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