Délégationdu Morbihan

« Au Secours ! Je suis utile »

Sylvie, bénévole responsable d’équipe, témoigne

Depuis plusieurs années, Sylvie est bénévole au Secours Catholique. Aujourd’hui, elle s’engage plus avant, en acceptant la responsabilité de son équipe. Sylvie nous parle de son expérience et de ses convictions.

Sylvie (à dr.), bénévole responsable de l'équipe Secours Catholique de Monterblanc, et une bénévole de l'épicerie solidaire.

publié en février 2018

Quel a été l’origine de votre engagement au Secours Catholique ?

Sylvie : Cela remonte à plus de quinze ans maintenant, à la suite d’un choix de vie personnel et familial. J’étais professeur en lycée et mon mari était très investi dans une activité professionnelle qui lui laissait moins de temps en famille. La naissance de nos enfants a eu pour conséquence la prise d’un congé parental. Sachant que j’avais du temps et que j’étais enseignante, une bénévole, à l’initiative de l’aide aux devoirs, m’a demandé si je pouvais intégrer l’équipe [1]. J’ai fait un essai et l’essai dure depuis.

Que vous apporte cet engagement ?

Sylvie : J’y retrouve les valeurs que j’ai vécues en tant qu’enseignante impliquée en pastorale dans l’établissement où je travaillais, au sein d’un groupe de partage, de prière et d’échange : la générosité, la bienveillance, l’écoute, le respect, la disponibilité… Des valeurs sans doute plus faciles à énumérer qu’à mettre en pratique, mais que je m’efforce de garder à l’esprit au quotidien. J’ai aussi le sentiment d’apporter quelque chose aux autres. À l’atelier créatif, par exemple, nous accueillons des personnes en difficulté, souvent en souffrance physique ou morale. Par l’écoute, le dialogue, l’humour aussi, nous leur permettons de déballer ce qui ne va pas, de se vider. Quand elles partent, on constate souvent que leur visage a changé d’expression, qu’il s’est ouvert, que des sourires et des rires l’ont transformé et que le ton de leur au revoir est différent. Quand un couple, qui participe à cet atelier, est honoré en recevant la médaille de la commune pour son investissement au jardin partagé, c’est aussi une reconnaissance pour nous qui l’avons recommandé. Souvent quand je ferme la porte du local, je me sens valorisée d’avoir apporté quelque chose à mon modeste niveau. J’ai conscience que ces moments modifient mon regard sur les autres. Je ne sais pas si je serais celle que je suis aujourd’hui si je n’avais pas cette démarche de bénévolat. Je pense que d’un point de vue humain, je ne serais peut-être pas aussi généreuse et attentive aux autres. Et je n’aurais pas inculqué les mêmes valeurs à mes enfants.

Vous venez d’accepter la responsabilité de l’équipe, comment cela s’est-il passé ?

Sylvie : D’abord c’est parce que l’on me l’a demandé. Je n’ai pas postulé. Annick la précédente responsable me l’a proposé ce qui m’a fait entrer en réflexion. On n’accepte pas en disant : « Oui chouette ! Je serai responsable. » Avant d’accepter, j’en ai bien sûr parlé à mon mari et au prêtre de la paroisse de Saint-Avé où j’ai un engagement en pastorale auprès des élèves du collège.

Dans quel esprit abordez-vous la prise en charge de cette responsabilité ?

Sylvie : Tout d’abord, je me suis sentie en confiance. La bienveillance que j’ai ressentie et le sentiment d’un a priori positif sur ma capacité à assurer la responsabilité ont favorisé ma prise de décision. Je sais qu’Annick sera toujours là pour m’aider et que je trouverai du soutien auprès de la délégation [du Secours Catholique du Morbihan] qui ne me met pas de pression, mais m’encourage à prendre le temps qu’il faut. Ensuite je pense humblement qu’on ne devient pas responsable du jour au lendemain mais que cela s’apprend. Il n’y a pas de révolution en cours et je m’appuierai sur ce qui est en place et qui fonctionne. Et en même temps, cela fait très peur parce qu’il faut faire face à toutes les situations et les gérer, qu’un bon relationnel peut devenir conflictuel.

Cela pose la question de la relation avec les bénévoles.

Sylvie : J’ai besoin de leurs conseils. Aux bénévoles de l’épicerie sociale, j’ai dit que je n’avais pas l’intention de venir comme la responsable qui contrôlerait le travail de chacun, mais avec le souci de m’imprégner de ce que je ne connais pas, de connaître les personnes, celles qui y travaillent et celles qui y viennent et également de me faire connaître, d’autant que les bénévoles sont issus de différentes communes. Une anecdote à ce sujet : lorsque je suis venue pour la première fois à l’épicerie sociale, un samedi matin, j’ai salué les personnes présentes et me suis assise à la table avec tout le monde. Au bout de quelque temps, une bénévole m’a demandé à quelle heure était mon rendez-vous pour l’épicerie, et s’est trouvée confuse lorsque j’ai dit qui j’étais.

Comment voyez-vous le rôle de l’équipe et votre place de responsable ?

Sylvie : Ce qui est important dans la vie de l’équipe c’est de s’unir pour être le plus utile au service des autres et le rôle du responsable c’est d’y veiller en favorisant la collaboration, la bonne entente et la cohésion pour une meilleure efficacité. Cela peut aussi aller pourquoi pas vers des innovations en concertation avec le groupe.

Vous avez suivi dernièrement une formation sur l’accompagnement des adolescents [2]. Est-ce à titre personnel ou bien dans le cadre de votre bénévolat ?

Sylvie : Les deux en fait. Je suis d’abord concernée en tant que maman de trois adolescents. Ensuite, il arrive que, dans l’activité bénévole de soutien scolaire, des adolescents exhibent fièrement ce que j’appelle leur « tableau de chasse », se vantant du nombre de remarques de la semaine, ou se plaignent de leurs parents quand ils ne sont pas dans le refus de faire ce qui leur est demandé. Ces enfants ne sont pas les nôtres et pourtant, il est impossible de faire le sourd et de ne pas tenir compte de ce qui peut être une demande d’aide ou de conseil. À ce titre la formation était totalement justifiée pour me permettre d’avoir la bonne attitude dans ces situations.

Quelle était la particularité de la formation ?

Sylvie : C’était une formation s’adressant à un public varié et de diverses origines : des bénévoles, un papa, des mamies ayant la charge d’ados de manière ponctuelle ou régulière, des mamans seules ayant plusieurs enfants. Pour chacun, l’ado était au centre des préoccupations et parfois de problèmes à résoudre. On a pu exprimer et partager nos soucis, nos questions, nos demandes, nos difficultés sans se sentir jugés. Pendant la formation, par les interventions du formateur, j’ai davantage pris conscience de ce qu’est un adolescent, et des changements qui s’opèrent en lui, de son besoin d’avoir d’autres repères alors qu’on voudrait demeurer l’unique. Et, pendant les temps en petits groupes, j’ai entendu les mamans dirent leurs difficultés à assurer un cadre stable à leur ado, ce qui n’est facile pour personne, et s’en culpabiliser. Un premier bienfait de la formation est d’avoir pu échanger, de se rendre compte que les problèmes vécus par l’un le sont aussi par les autres. Un autre a été l’acquisition de clés susceptibles de nous aider dans les moments difficiles. Nous devons nous retrouver, en avril prochain, pour voir où nous en sommes.

[1] L’équipe Secours Catholique de Monterblanc : 06 08 81 94 44.

Atelier créatif le jeudi de 14 h à 16 h.
Soutien scolaire le vendredi soir.
Épicerie sociale le samedi de 9 h 30 à 12 h.

[2] Formation « Psychologie de l’adolescent ». Prochaines dates les 28 et 29 mai 2018, lieu à confirmer.

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