Délégationdu Morbihan

Université d’été à Saint-Malo

Chloé, Marie-Suzanne et Mickaël ont vécu une expérience unique et des moments très forts lors de l’université d’été des jeunes du Secours Catholique à Saint-Malo, du 25 au 28 août 2016. Chloé a retrouvé ses compagnons et partage leur témoignage.

Marie-Suzanne avec d'autres participants, lors de la traversée de la baie du mont Saint-Michel.

publié en octobre 2016

Mickaël

C’est chez lui, au foyer de la Belle Porte à Auray, que je retrouve Mickaël. Un mois a passé depuis l’université d’été mais c’est toujours avec le même enthousiasme que Mickaël me parle de ces quatre jours passés ensemble. « Tu sais, avant de partir je ne savais pas à quoi m’attendre. Je voulais prendre de la distance avec la maison et mes parents. J’avais juste envie de rencontrer de nouvelles personnes, je voulais aussi prendre l’air, à la plage. J’étais perdu au début, je trouvais que je n’avais pas ma place. Je n’avais pas confiance mais petit à petit j’ai eu confiance en moi, en toi et en les autres. Je me suis ouvert à la rencontre. » Mickaël sourit et ajoute : « C’est comme pour la marche du Mont-Saint-Michel, c’est mon meilleur souvenir mais j’ai eu peur avant de partir. Peur de ne pas y arriver. Et puis je croyais que j’étais fatigué. Mais j’ai voulu vous faire confiance à toi et Vincent, en vous tenant la main. Et je garde un très beau souvenir de toutes ces rencontres lors de la traversée. J’ai rencontré beaucoup de personnes, qui m’ont aidé à avancer. L’élan humain m’a porté. Quand je suis arrivé en haut, je me sentais vidé, détendu et ému. J’étais fier de moi, et prêt à le refaire dès le lendemain. » Ce que retient Mickaël de cette université ce sont les moments simples du quotidien comme partager des repas avec des personnes inconnues. « Je me suis fait des amis, j’ai osé aller à la rencontre, j’ai osé m’ouvrir. Parce que l’université d’été c’est un endroit où des personnes bienveillantes m’ont permis cela. »

Le thème cette année, « Migrants, et si c’était nous ? », a également touché Mickaël. À ma question « pour toi c’est quoi un migrant ? », Mickaël, me répond sans hésiter : « ben, c’est un être humain, une personne à qui on peut faire confiance, parce qu’on est pareil, on est de la même famille, on appartient à la même terre ». Cette expérience riche sur le plan individuel lui a aussi donné envie de s’engager sur la question des migrants. « […] J’étais très triste après la pièce de théâtre jouée par les migrants de Calais. C’était si réel. Les gens doivent avoir confiance en la différence. Nous devons développer l’amour. » Aujourd’hui et demain, Mickaël veut continuer à avancer sans baisser les bras. En effet, explique-t-il, « l’université d’été de Saint-Malo m’a permis de m’ouvrir aux autres et m’a encore plus donné envie de rendre service, de donner de mon temps pour les autres ». C’est chose faite aujourd’hui : Mickaël a rejoint l’équipe locale d’Auray.

Marie-Suzanne

Je rejoins Marie-Suzanne, 33 ans, mère de trois enfants, dans un parc à Locminé, petite ville du Morbihan. Elle participe aux ateliers mandala organisés par l’équipe locale de sa ville. Marie-Suzanne est heureuse de ces quatre jours passés à Saint-Malo. « J’ai voulu partir à l’université d’été des jeunes du Secours Catholique parce que je voulais prendre du temps pour moi. Je n’avais pas d’attentes particulières sur cet événement hormis la volonté de prendre l’air, de voir autre chose que mes quatre murs et Locminé. » En effet, Marie-Suzanne n’a pas le permis. Elle a donc très peu l’occasion de sortir de sa ville et de rencontrer de nouvelles personnes. À ma question « quel est ton meilleur souvenir ? », Marie-Suzanne répond sans hésiter : « La traversée de la baie du mont Saint-Michel, pour moi c’était la plus belle journée. Ce que j’ai aimé c’est l’ambiance liée au collectif, le fait qu’on soit nombreux et que des personnes m’aient aidée à aller au bout. » En effet, cette traversée qui a duré trois heures, elle assure qu’elle n’aurait pas pu la faire toute seule. « En arrivant en haut du mont Saint-Michel j’étais contente, j’ai pu me reposer, j’étais satisfaite de mon exploit, même si j’avais très mal aux pieds », dit-elle en souriant. Si Marie-Suzanne garde un si bon souvenir de cette journée c’est parce qu’elle a pu faire des rencontres qu’elle n’aurait pu faire en restant au camping. « Ce jeune couple qui m’a aidée à traverser la baie, j’ai pu les découvrir, nous avons eu le temps… » Depuis cette expérience, Marie-Suzanne souhaiterait vivre des moments collectifs plus souvent comme des concours de pétanque ou de basket, et pourquoi pas être bénévole pour faire vivre ses projets. En effet, les rencontres résument son séjour et ses envies futures : « J’aime mes enfants, j’aime être avec eux, mais je ne suis pas qu’une maman, je suis aussi une jeune femme. Et j’ai envie de rencontrer des personnes de mon âge plus souvent, comme à Saint-Malo. »

Chloé Paous

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